Ce qui se passe aujourd’hui en Haïti ne laisse personne indifférent. Le pays traverse l’une des crises les plus graves de son histoire récente. Des gangs armés contrôlent de vastes zones, en particulier autour de Port-au-Prince. Des quartiers entiers sont assiégés, des familles fuient, et la peur rythme le quotidien.
Mais pour ceux qui vivent sur place, cela ne se résume pas à des chiffres. Pour eux, la peur et l’incertitude font partie de la réalité quotidienne.
« Notre village d’enfants se trouvait littéralement entre deux lignes de front »
Le père Rick Frechette, fondateur de notre hôpital pour enfants en Haïti, l’exprime ainsi :
« Ceux qui vivent ici le ressentent chaque jour : enlèvements, fusillades et attaques se produisent à quelques mètres de nos maisons, de nos écoles et de nos centres de soins. Plus d’un million de personnes sont en fuite. »
En août, huit personnes de notre village d’enfants ont été enlevées, dont un jeune enfant. Pendant des semaines, nous avons vécu dans la peur. Évacuer était extrêmement dangereux : des gangs menaçaient d’ouvrir le feu si nous tentions de déplacer les enfants. Notre village d’enfants se trouvait littéralement entre deux lignes de front.
Et pourtant, nous continuons
Pas parce que c’est facile.
Mais parce que c’est nécessaire.
« Et pourtant, nous continuons. Nous accueillons des enfants qui n’ont nulle part où aller, nous soignons les malades et nous protégeons tout ce qui peut encore l’être. Pas parce que c’est facile, mais parce que c’est nécessaire. Merci de ne pas nous laisser seuls dans cette épreuve. Nous ressentons votre soutien chaque jour. »
— Père Rick Frechette
C’est ce que NPH fait chaque jour en Haïti : rester quand partir serait plus simple. Accueillir des enfants sans alternative, soigner les malades et maintenir les écoles ouvertes, même lorsque tout vacille autour de nous.
Les enfants sont les plus vulnérables
La crise alimentaire touche presque toute la population. Plus de la moitié des Haïtiens n’ont pas suffisamment à manger. Environ 1,9 million de personnes souffrent de faim aiguë. Pour les enfants, cela signifie souvent essayer d’apprendre, de grandir et de survivre l’estomac vide.
C’est précisément pour cette raison que nos écoles et villages d’enfants sont bien souvent leur seul refuge sûr.
L’école est ici bien plus qu’un lieu d’apprentissage
En Haïti, aller à l’école n’a rien d’évident. Pour les enfants que nous accueillons, l’école est :
- un lieu sûr, à l’abri de la violence et des gangs
- un endroit où ils reçoivent chaque jour un repas
- un cadre offrant structure, attention et stabilité
- une protection contre l’exploitation et le recrutement forcé
Lorsqu’un enfant est en classe, il n’est pas dans la rue. Ici, l’éducation devient littéralement une forme de protection.
L’éducation brise le cycle de la pauvreté
L’éducation donne aux enfants une perspective d’avenir. Apprendre ouvre la voie à l’emploi, à l’autonomie et à une vie qui n’est pas entièrement dictée par la peur ou la faim. Cet impact dépasse un seul enfant : il se transmet de génération en génération.
Situation d’urgence à Tabarre
En raison de l’insécurité croissante, plus de 250 enfants ont dû être relocalisés en urgence dans notre projet de Tabarre. Les salles de classe servent aujourd’hui de dortoirs improvisés.
Les infrastructures de Kenscoff, où nous avons accueilli des enfants pendant de nombreuses années, sont actuellement inutilisables — pour des mois, voire des années. La situation reste extrêmement instable.
Par ailleurs, 18 jeunes de la communauté, âgés de 15 à 19 ans, passent actuellement la nuit à l’école Saint-Louis de Tabarre. En raison de violents affrontements entre les gangs et la police, ils ne peuvent pas rentrer chez eux en toute sécurité. Nous avons fourni des matelas supplémentaires pour pouvoir les accueillir.
Ce qui est urgemment nécessaire
Pour leur offrir un lieu où dormir, manger et retrouver un peu de calme, nous avons besoin de moyens supplémentaires de toute urgence.
- offrir un hébergement sûr et de la nourriture
- maintenir nos écoles ouvertes
- permettre aux enseignants de se rendre à l’école en sécurité, car dans de nombreux quartiers, ils n’osent plus se déplacer sans accompagnement
- continuer à fournir ce dont les enfants ont le plus besoin aujourd’hui : sécurité, nourriture et perspectives d’avenir
Sans enseignants, pas d’école.
Sans école, les enfants perdent leur dernier refuge sûr.
Merci de ne pas nous laisser seuls
« Merci de ne pas nous laisser seuls dans cette épreuve. Nous ressentons votre soutien chaque jour. »
— Père Rick Frechette
Grâce à votre soutien, nous pouvons continuer à offrir ce dont les enfants ont le plus besoin : sécurité, nourriture et avenir.
En Haïti, l’éducation est une véritable ligne de vie.